Cette année aura commencé dans un étrange désarroi. J'ai perdu ceux que j'aimais en cours de route. J'ai fui toutes mes plus belles histoires, pour me perdre dans des vices trop nombreux. A boire un peu trop souvent, à finir dans leurs lits sans vraiment en avoir envie. Je me suis perdue en cours de route, mais pour la première fois, je n'ai pas cessé de sourires. A chaque affront je trouvais un rêve dans lequel me réfugier, je me suis inventée une carapace, me promettant que plus jamais je ne tomberais. J'ai tourné cette page qu'on appelait amour, je t'ai abandonné à tes peurs, puisque tu ne savais plus m'ouvrir ton coeur. J'ai flanché certains soirs, bien sûr, mais j'ai su toujours trouver une étoile à laquelle me raccrocher. Je suis devenue si forte de vos départs, vivante de ces douleurs qui m'ont appris à mettre un pied devant l'autre. Certains jours, je cheminais sur les mains, histoire de changer d'aventures, de point de vue, et peut-être même d'envies. J'ai joué de ces folies qui n'appartiendront jamais à aucune autre, j'ai échoué sur certains plages où la vie s'allumait pour le meilleur. Il y aura eu ces nuits dans ce double duo, ces vadrouilles en clio, ces coups de tête qui nous ont marqué à vie. Il y aura eu tant de fous rires, de larmes, de désirs, et jamais je n'ai été plus belle de vos retours. Nous nous sommes retrouvées en Mars, en Juillet et même en Août, et la vie s'est faite splendide de vos regards, vous lui inventiez cette robe de patience. Nous avons laissé les rancoeurs à hier, sans oublier ce qui nous avait éloignés. Il y aura eu tant de coups de coeur, et si j'ai perdu mes yeux trop souvent, j'avançais dans le noir à l'aide de vos mains gantées de ces liens incroyables. Et puis il est arrivé, et sous son regard ma carapace a fondu, il n'en reste plus que quelques miettes, je me suis jetée un peu trop vite dans la gueule du loup, et lui me laissait croire en un bonheur qui jamais n'existerait. Deux mille huit, où mon coeur jeté aux abîmes. Les oubliettes dans la poche de ma veste en cuir, j'essaie de grandir, mais les talons n'y font rien, je reste coincée dans les mêmes excès, j'aime toujours de travers, et l'enfer du décors n'a jamais été plus somptueux d'indifférence. Mais ne t'en fais pas, je n'ai plus peur, mes folies perdent pied sur ta bouche, l'inachevé s'étire entre nous, nous enchaînons si bien les virgules que nous nous perdons dans un sprint qui n'en finit plus d'être libre, un peu comme cette chute à laquelle tu m'abandonnes. Mais ne t'en fais pas, je n'ai plus peur. Au fond, deux mille huit finit comme elle a commencé, avec pour meilleure amie cette haine que tu me portes.